Comment je suis devenue sophrologue ?

Publié par Isabelle Ducau le

Dans mon dernier billet, je vous ai laissé alors que j’avais pris la décision de devenir sophrologue. Première décision dont allait découler une deuxième : comment allais-je me former ? Vous l’aurez compris, je vais vous parler de ma formation de sophrologue.

C’est quoi au juste la sophrologie ?

Excellente question ! C’est une méthode d’entraînement physique et mental créée en 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo. Elle vise à mieux se connaître en prenant davantage conscience de soi puis du monde extérieur et des autres. Un entraînement qui conduit à développer sa conscience pour apprécier le présent comme un cadeau. Présent = cadeau, vous me suivez ? Une méthode qui met le projecteur sur le positif (pas facile au début) plutôt que sur le négatif (ça on sait bien faire). Tout ça pour mieux connaître ses propres limites.

C’est aussi une méthode qui donne la possibilité d’envisager l’avenir de façon positive (et réaliste, nous ne sommes pas chez les bisounours). Et même, tenez-vous bien, cette méthode permet d’aller dénicher des trésors de capacités et de ressources enfouis tout au fond de nous-même. Pour quoi faire ? Pour les mettre au service de notre quotidien ou de nos projets à venir. Alors ? Comme ce n’est pas le sujet de ce billet, si ce préambule vous a mis l’eau à la bouche, je vous invite à lire ce billet qui vous expliquera en détail ce qu’est la sophrologie, pourquoi c’est bien de connaître ses limites et toutes autres questions que vous vous posez !

Un métier non réglementé

La profession de sophrologue n’est pas réglementée en France. Cela veut dire qu’il est possible d’exercer cette profession quelle que soit l’école que l’on a faite. N’importe qui peut poser une plaque de sophrologue après avoir fait un stage de 15 jours de “formation” à la sophrologie sanctionné par un diplôme privé. Deux conséquences majeures : une pour les personnes qui veulent devenir un sophrologue compétent et une pour les personnes qui recherchent un sophrologue compétent.

Devenir un sophrologue compétent

Une enquête sérieuse et poussée est essentielle pour comprendre pourquoi il y a tant d’écoles et comment la pratique de la sophrologie doit s’appréhender. Puis il faut faire son choix en toute connaissance de cause en sachant pourquoi en choisit cette école et pas celle-là. C’est un travail un peu fastidieux mais absolument indispensable. On ne joue pas une reconversion à pile ou face, surtout lorsque le métier envisagé vise à accompagner des personnes qui ont des problématiques à résoudre.

Choisir un sophrologue compétent

Vous cherchez un sophrologue pour vous accompagner ? Il faut faire, là aussi, une enquête pour voir si la personne avec laquelle vous souhaitez travailler a suivi une formation de sophrologue sérieuse ou pas. Pour cela, il faut consulter son site Internet ou sa page Facebook. Il faut lui demander où elle a été formée, en combien de temps, dans quelle école. C’est important parce que lorsque vous consultez un sophrologue, c’est parce que vous avez une problématique sur laquelle vous souhaitez travailler. Lorsque vous sortez de cet accompagnement sophrologique vous avez le souhait de vous sentir mieux.

Si vous ne vous sentez pas mieux ou pire si vous vous sentez encore plus mal, ce peut être parce que la sophrologie n’était pas adaptée à votre problématique (mais ça, le sophrologue professionnel devrait pouvoir vous le dire). Ou alors ce peut être parce que la sophrologie n’est pas une méthode qui vous convient (ce n’est pas votre faute, c’est ainsi). Mais ce peut être aussi parce que le sophrologue n’a pas suivi une formation suffisamment solide pour lui permettre d’accompagner des personnes en relation d’aide en toute sécurité. Donc il est important de savoir à qui vous avez affaire et aussi bien sûr, d’avoir un bon feeling avec la personne qui va vous accompagner.

La sophrologie transforme la personne.

Choisir une école

Je vais vous parler ici de mon expérience non pas parce qu’elle et mieux que les autres mais simplement parce que c’est celle que je connais le mieux. Je n’aime pas parler de ce que je ne connais pas. Devenir sophrologue supposait de se former. Comme je suis rigoureuse, que j’aime le travail bien fait et que j’aime me regarder dans la glace en me disant que j’ai fait du bon boulot, je suis partie en quête d’une formation de sophrologue sérieuse.

Pléthore de formations

Internet est devenu mon ami quotidien. J’ai commencé par faire des recherches dans mon moteur de recherche favoris, j’ai nommé “Ecosia” ! Le moteur de recherche qui plante des arbres. Oui parce que les arbres c’est très important pour moi. Mais je ne veux pas m’égarer alors nous en reparlerons plus tard. Alors là j’ai trouvé de tout :

  • des formations en 15 jours
  • des formations en deux ans
  • des formations en France
  • des formations en Andorre
  • des formations en 6 mois avec le même contenu que les deux ans ?!!?
  • et même des formations à distance de chez soi à son rythme.

Pôle Emploi aux abonnés absents

Ma reconversion a fait suite à un licenciement. Le Pôle Emploi est fan des formations courtes. Plus tôt vous êtes formé, plus vite vous créez votre activité et donc plus vite vous quittez le Pôle Emploi. La motivation du Pôle Emploi n’est pas d’accompagner les candidats dans leur projet. Ce qui compte pour le Pôle Emploi est de vous sortir le plus vite possible des statistiques du chômage.

Pôle Emploi ne finance généralement pas la formation de sophrologue. Cela dépend de la conjoncture, de l’agence, du conseiller et de la météo politique du moment ! J’ai présenté mon projet professionnel au Pôle Emploi et ils ont accepté de le valider sans le prendre en charge financièrement. Les agents du Pôle Emploi sont débordés, pressés de toutes parts. Ils suivent chacun plusieurs centaines de demandeurs d’emploi. Il vaut mieux pouvoir se débrouiller seul et savoir ce que l’on veut.

Enquête et filature

Alors oui, c’est bien une enquête que j’ai mené. Petit à petit, j’ai compris que pour être un sophrologue compétent il fallait se laisser le temps d’une formation en deux ans minimum. J’ai appris que le Syndicat des Sophrologues Professionnels (fondé en 2003) avait lancé des États Généraux annuels de la Formation en Sophrologie. Le but étant de construire les bases du métier de Sophrologue indépendamment des différents courants.

Ecole caycédienne ou d’inspiration caycédienne ?

Deux grands courants sont reconnus au sein du Syndicat des Sophrologues Professionnels : les écoles caycédiennes et les écoles d’inspiration caycédienne.

Ecoles caycédiennes

Les écoles caycédiennes sont issues de la fondation Caycedo. Elles forment des praticiens en sophrologie en deux ans (4 premiers degrés de la sophrologie). Elles délivrent un certificat de premier cycle de la formation en sophrologie caycédienne. Elles proposent deux années supplémentaires en Andorre pour étudier les degrés 5 à 12). Elles décernent un titre privé Andorran de Master Spécialiste en Sophrologie Caycédienne. Ce titre de Master ne doit pas être utilisé en France. En effet, le master est un diplôme national et un grade de l’enseignement supérieur, validant un deuxième cycle de l’enseignement supérieur à bac +5.

Ecoles d’inspiration caycédienne

Les écoles d’inspiration caycédienne ont été créées par les premiers élèves de Caycedo, ceux qui ont assisté à la naissance de la sophrologie et à son développement. Puis après eux la deuxième génération de sophrologues a continué la transmission de la méthode dans le respect des fondamentaux définis par Alfonso Caycedo. Elles forment aux 4 premiers degrés en deux ans et délivrent un diplôme privé.

Selon les recommandations des États Généraux de la profession, les capacités et les compétences professionnelles des futurs sophrologues sont validées par un système d’évaluation, quelles que soient les écoles, incluant des démonstrations pratiques, des vérifications théoriques et des stages d’application pratique. La formation doit comprendre au minimum 300h de formation en présentiel. Elle doit s’étaler sur 24 mois et faire intervenir au moins deux formateurs différents.

Se former c’est intégrer un groupe et évoluer ensemble : une expérience humaine très riche

Se former c’est aussi travailler sur soi-même

En interrogeant les sophrologues déjà installés, j’ai compris que s’engager dans une formation de sophrologue c’était avant tout faire un énorme travail sur soi-même. C’est pour cela qu’il faut au moins deux ans pour se former. Il faut se laisser le temps de découvrir la méthode, de la pratiquer pour soi pour se transformer et expérimenter à titre personnel. Alors seulement nous pouvons apprendre à transmettre aux autres en toute sécurité et avec le maximum d’efficacité.

Il faut le temps d’intégrer et d’évoluer. Faire la même formation en 6 mois ne laisse pas ce temps. Chaque personne étant différente, il est possible que dans certains cas des personnes se forment en 6 mois alors qu’elles ont pratiqué la sophrologie à titre personnel depuis plusieurs années. Peut-être que cela convient. Je ne sais pas. Ce que je peux dire, c’est que deux ans, c’est exactement ce qu’il faut pour vivre l’expérience de la sophrologie. C’est le temps qu’il faut pour se sentir capable d’accompagner ses futurs clients. Avec la connaissance que j’en ai aujourd’hui je n’imagine pas que l’on puisse se former en moins de temps que ça. C’est en tous cas ainsi que je ressens les choses. Personnellement, je me suis transformée au fil de ma formation de sophrologue.

Formation de sophrologue : choisir l’école

Avec toutes ces informations je n’avais plus qu’à choisir et pour cela, plusieurs critères :

  • La durée de formation et le volume horaire
  • Le contenu des programmes, la progression pédagogique
  • Les formateurs et leur expérience
  • La localisation
  • Le coût
  • L’équilibre entre théorie et pratique

Après devis et portes ouvertes, j’ai finalement décidé de me former à l’IFSP. Une école récente créée par deux sophrologues expérimentées, elles-même formées par un sophrologue de la première génération, élève de Caycedo. Une école qui respecte les recommandations des États Généraux de la profession. Une formation de sophrologue avec une progression pédagogique vraiment pertinente et qui me convenait parfaitement :

  • 427 h de formation sur deux ans,
  • un stage d’animation de pratiques en cours collectif de 12 heures (rapport de stage)
  • deux stage d’animation en accompagnement individuel de 6 heures (rapport de stage)
  • 4 évaluations en cours de formation
  • 6 formateurs sophrologues expérimentés et toujours en exercice
  • 5 formateurs non sophrologues spécialistes de leur domaine

Voilà ! Vous savez tout. Ma formation de sophrologue se poursuivra encore et encore par des modules complémentaires, des congrès, des forums, des salons, des lectures et la pratique quotidienne de la sophrologie pour moi-même et avec mes clients.

Isabelle Ducau

Catégories : Sophrologie

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