Système nerveux autonome : la clé de l’adaptation

Publié par Isabelle Ducau le

Si vous avez eu affaire aux matières scientifiques au cours de votre parcours scolaire alors vous avez sans doute déjà entendu le terme de système nerveux autonome. Sinon vous avez peut-être entendu parler de système vagal, de malaise vagal ou de nerf vague… Tout cela concerne le système nerveux autonome. On l’appelle aussi système nerveux végétatif. Je vous en parle parce qu’il est au cœur de notre adaptation aux changements, tous les changements ! Il est le premier concerné en cas de stress.

Pourquoi autonome ?

Notre système nerveux est composé de trois parties : le système nerveux central, le système nerveux périphérique et le système nerveux autonome.

Le système nerveux central est formé par l’encéphale, les nerfs optiques et la moelle épinière. Il gère et analyse l’information en provenance des nerfs. Il interprète les signaux envoyés par les tissus et organes et élabore la réponse à fournir.

Le système nerveux périphérique correspond au câblage de nerfs qui permet à l’information de circuler entre le système nerveux central et les tissus et organes situés à la périphérie. Ils transmet des informations sensitives et motrices.

Le système nerveux autonome gère les fonctions automatiques du corps : la digestion, la respiration, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la régulation de la température corporelle, la sécrétion de certaines glandes du corps (glandes salivaires, sudoripares)… Il s’occupe des fonctions involontaires et à ce titre il est responsable de la régulation et de l’adaptation de l’organisme aux variations de l’environnement. Il est appelé autonome parce qu’il est indépendant de la volonté de l’individu. Lorsque nous sommes soumis à un stress, il est donc en première ligne .

Système nerveux autonome : le pilote automatique

On peut comparer le système nerveux autonome à un pilote automatique. Celui-ci possède un accélérateur (la branche sympathique) et un frein (la branche parasympathique). En fonction des informations reçues sur l’environnement intérieur et extérieur, il agit pour accélérer ou inhiber certaines fonctions.

Tout ce qui conduit à consommer de l’énergie et à activer le métabolisme relève du système sympathique (notre accélérateur). C’est la préparation à l’action avec par exemple :

  • accélération du rythme cardiaque
  • augmentation du rythme respiratoire
  • augmentation de la glycémie
  • contraction des vaisseaux sanguins (augmentation de la pression artérielle)
  • inhibition de la salivation
  • inhibition de la digestion

Tout ce qui contribue à la récupération, la restauration et la réparation de l’organisme est sous la houlette du système parasympathique (notre frein) comme par exemple :

  • ralentissement du rythme cardiaque
  • ralentissement du rythme respiratoire
  • diminution de la glycémie
  • dilatation des vaisseaux sanguins (diminution de la pression artérielle)
  • stimulation de la salivation
  • stimulation de la digestion

Vous pouvez voir que ces systèmes ont des actions complètement opposées. On dit qu’ils sont antagonistes. C’est ce qui permet la régulation. L’organisme cherche toujours à maintenir l’homéostasie, c’est à dire l’équilibre de la physiologie. Cet équilibre doit être maintenu quelles que soient les variations des conditions extérieures. Or notre existence nous soumet constamment à des changements. Activité physique, activité intellectuelle, détection d’un danger, alimentation, repos, émotions, changements de vie… Nous pouvons comparer notre organisme à une voiture sur la route. En fonction des accidents du parcours (virages plus ou moins serrés, voie plus ou moins large, densité de la circulation, feux et carrefour…) le conducteur adapte sa vitesse pour rester sur la route en toute sécurité. De même notre organisme adapte sa physiologie en fonction des accidents de parcours pour nous permettre d’avancer sans mettre en péril l’équilibre qui permet la vie en bonne santé.

La santé, une question d’équilibre

L’équilibre entre action et récupération, entre consommation d’énergie et restauration des réserves, entre usure et réparation, garantit la santé. C’est cette balance permanente entre système sympathique et parasympathique qui nous permet de nous adapter. De même le conducteur reste sur la route en adaptant sa conduite aux accidents du parcours pour arriver à destination sans dommages.

Le stress est un activateur du système sympathique. Une situation perçue comme une menace nous pousse à nous adapter pour échapper à cette menace par la fuite ou le combat. En ce sens, le stress est salutaire. Il nous permet de survivre et d’éviter les dangers. Là où ça peut devenir problématique c’est lorsque nous percevons (à tort ou à raison) beaucoup de situations comme des menaces. Alors nous sommes constamment en alerte, le pied à fond sur l’accélérateur. Je n’ai pas besoin de vous expliquer les effets d’une conduite pied au plancher au volant de votre voiture. Vous prenez des risques très importants. Si vous vous reportez à la liste des actions de notre pilote automatique (liste non exhaustive) vous constaterez que la stimulation du sympathique tend à installer des symptômes révélateurs de cette sur-stimulation :

  • action d’accélération du rythme cardiaque : tachycardie et sensations de palpitations cardiaques
  • action d’accélération du rythme respiratoire : respiration rapide, haute (thoracique) et superficielle
  • action d’augmentation de la glycémie : favorise la survenue d’un diabète insulino-dépendant
  • action de contraction des vaisseaux sanguins : hypertension artérielle
  • action d’inhibition de la salivation : sensation de bouche sèche
  • action d’inhibition de la digestion : digestion laborieuse, ballonnements et troubles du transit (diarrhée, constipation)

Si vous souffrez d’un ou plusieurs de ces signes, c’est que votre système nerveux autonome est déséquilibré . La sursollicitation de la branche sympathique se fait au détriment d’une récupération et d’une restauration efficace et suffisante.

Stress et système nerveux autonome

Comment équilibrer le système nerveux autonome ?

En cas d’exposition à un stress prolongé il est indispensable d’agir. Se soustraire aux sources de stress (changement de vie, décisions à prendre) permet d’arrêter de stimuler le système sympathique. L’activation du système parasympathique permettra la récupération. Sans cela, le risque de burn-out est très élevé. Tout ce qui va aller dans le sens de contrôler et diminuer le stress, de favoriser la récupération et la réparation de l’organisme va aider à activer le parasympathique.

Pratiquer la sophrologie, la relaxation, la méditation, une activité physique et rire sont autant de manières de stimuler le système de récupération. La gestion du stress et des émotions est une des clés pour ré-équilibrer le système nerveux autonome. Un tri dans vos relations vous aidera à passer le plus de temps possible avec des personnes positives et agréables. Avoir des relations sociales qualitatives est aussi une manière de diminuer le stress. La pratique d’exercices de respiration et notamment la pratique de la cohérence cardiaque est un moyen de ré-équilibrer le système nerveux autonome et de préserver la santé.

Prenez soin de vous, c’est une affaire de décision et de priorités… et c’est urgent.

Catégories : Bien-être

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